Les 5 questions posées
Identiques pour toutes les formations. Chaque question présente l'état du droit, formule une proposition concrète, et demande une prise de position chiffrée.
Question 1 — En amont du contrôle
La saisine de l'Inspection générale de la justice (IGJ)
État du droit : aucun texte n'oblige le garde des Sceaux à saisir l'IGJ, même face à un signalement circonstancié ; le citoyen n'a aucun droit propre de saisine, et la décision se prend unilatéralement, sans contradictoire ni recours.
Notre proposition : saisine obligatoire dès qu'un signalement comporte des éléments objectifs ; droit de saisine citoyen ; respect du contradictoire — le justiciable informé, entendu et avisé des suites par une décision motivée.
Y êtes-vous favorable, et quelles modalités proposez-vous ?
Question 2 — En aval du contrôle
Le CSM et la fin de l'entre-soi disciplinaire
État du droit : la formation disciplinaire associe magistrats et personnalités qualifiées nommées, mais aucun citoyen tiré au sort ; le filtrage des plaintes citoyennes par la commission d'admission des requêtes s'opère sans publicité ni contradictoire pour le plaignant.
Notre proposition : citoyens tirés au sort comme aux assises dans la formation disciplinaire ; filtrage ouvert au public ; contradictoire garanti — le plaignant, traité en partie, entendu et ayant accès à son dossier.
Soutenez-vous cette ouverture, et quelles autres réformes du CSM proposez-vous ?
Question 3 — Alternative de fond
La réparation du justiciable et la compétence du juge administratif
État du droit : la victime ne peut être indemnisée qu'au prix d'une action contre l'État, limitée à la faute lourde ou au déni de justice (art. L. 141-1 COJ), devant le juge judiciaire.
Notre proposition : confier au juge administratif (tribunal administratif) le contentieux de la responsabilité liée au fonctionnement de la justice et au comportement fautif des magistrats — comme pour tout autre agent de l'État.
Y êtes-vous favorable, et quelle réforme proposez-vous pour rendre la réparation effective ?
Question 4 — Motivation des arrêts de cassation au civil
Article 1014 du Code de procédure civile
État du droit : la Cour de cassation peut écarter un pourvoi civil par une décision « non spécialement motivée » — 4 343 cas en 2024.
Notre proposition : motivation individualisée minimale, citant le moyen et la raison de son rejet.
Partagez-vous cet objectif, et quelle évolution proposez-vous ?
Question 5 — Motivation des arrêts de cassation au pénal
Article 567-1-1 du Code de procédure pénale
État du droit : le même mécanisme écarte plus d'un pourvoi pénal sur deux par décision sommaire — 1 881 cas en 2024. C'est l'objet de la QPC déposée par Justice Éthique.
Notre proposition : motivation individualisée minimale garantie des décisions de non-admission.
Quelle est votre position, et soutiendriez-vous une évolution législative la garantissant ?